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LA SUITE BIENTOT PUBLIEE, TOUTES LES PERSONNES SOUHAITANT ETRE PREVENUS LORSQUE CELA SERA FAIT LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIDE AVEC VOTRE BLOG SUR CE MEME ARTICLE, CELA ME PERMETTRA DE SAVOIR QUI EXACTEMENT EST INTERRESSE

# Posté le mardi 21 avril 2009 23:53

Modifié le vendredi 01 mai 2009 12:16

POUR LES NOUVELLES LECTRICES

Coucou,

Vous vous apprêtez certainement à lire ma fiction sur Bill et Tom de Tokio Hotel, ce groupe qui en fait chavirer plus d'une dont je fais sans aucun doute partie.

Je tenais juste à préciser que j'écris toujours avec un fond musical, cela me permet de me plonger pleinement dans l'écriture et de ressentir les émotions que je tente de faire partager à mes lectrices. Je vous mets donc les liens des musiques que j'ecoute ce qui vous permettra peut etre plus facilement de ressentir comme moi les mots couchés sur ce blog.

En revanche nous n'avons pas toutes le même rythme de lecture, certaines ont commencé à lire cette fiction le premier jour de sa publication, d'autres arrivent chaque jour et doivent donc lire dès le début. Les liens vers les chansons qui accompagnent le chapitre se trouvent pour la plupart en début d'article, si vous n'avez pas fini d'en écouter une pendant la lecture du texte et qu'une autre se présente alors, vous etes libres de poursuivre sans entamer la seconde.

En espérant que cela vous plaise.

S.

# Posté le vendredi 20 mars 2009 21:06

chap 1 : le demenagement

chap 1 :  le demenagement


Le paysage défile devant mes yeux, aujourd'hui je pars, je m'éloigne de chez moi, de chez ma mère, de mes souvenirs d'enfance. Le petit taxi roule à bonne allure sur la route de mon futur. La végetation, la couleur du ciel, les maisons, tout change sous mes yeux, comme si je traversais le temps. Tout devient inconnu.
Petit à petit, l'herbe se recouvre de neige, le ciel s'opacifie, nous arriverons très certainement pour la soirée, moi et ma petite malle de vêtements, de souvenirs.
Des montagnes apparaissent dans le décor qui semble fait de carton pate, j'ai l'impression de faire de la figuration dans une mauvaise sitcom pour les pré-ados. Serai je assez mature pour surmonter ma peine, serai je assez fort pour vivre seul? toutes ces questions tournent inlassablement dans ma tête. Une sourde inquiétude envahit ma tête, engourdit mon cerveau. Serai je à la hauteur des esperances de ma mère, elle que j'ai laissé derrière moi pour trouver ma voie, elle qui croit si fort en mon talent... sera t'elle fiere de son fils, celui qu'elle laisse partir à contrecoeur, celui à qui elle donna une chance de vivre sa passion.
je n'ai pas le choix, si je ne le fais pour moi, je dois au moins le faire pour elle. Les premiers temps seront certainement tres durs, il me faudra m'habituer à cette nouvelle vie, à ce nouvel environnement, à ces nouvelles personnes, mais j'y parviendrai, je sais que je réussirai, et plus tard quand tout cela sera fini, je pourrai enfin me regarder dans une glace, fier de ce que je serai devenu et fier de pouvoir serrer ma mere dans mes bras, fier de lui annoncer ma victoire.
La voix du chauffeur me tira brutalement de mes pensées, dès mon installation à l'arrière de sa voiture j'avais compris que sa compagnie ne me serait pas des plus agreables. Le visage émacié et la peau flétrie comme un vieux parchemin, des yeux ronds, vides et creux, une calvitie naissante à la base de son front, et de petite taille bien qu'assez carré, il m'avait regardé d'un air dédaigneux, d'un coup d'oeil rapide sur mes vêtements il m'avait jugé, comme bien d'autres. D'un coup d'oeil rapide il s'était fait une idée de moi, d'un coup d'oeil rapide il avait décidé que mon voyage serait triste, sans conversation ni prise en considération de l'autre, celui qui partagerait l'air de sa cabine.

"On arrivera dans moins d'une demi heure"
"bien, merci"

Voila les seules paroles que nous avions échangé, les premières depuis les 6 heures de voyage que nous avions du partager. Il s'était arrêté à plusieurs reprises sur l'autoroute, avait pris un café dans l'une des inombrables stations qui jalonnaient mon destin, fumé une voire même deux ou trois cigarettes, avait fait quelques allers retours aux toilettes, tout cela sans m'accorder un regard, une parole. De mon coté, je m'asseyais sur le trottoire, la tête ailleurs, mon journal intime sur les genoux, le stylo en suspent, n'osant griffer le papier de ma plume. Puis il revenait, prenait place derriere son volant, bouclait sa ceinture, me faisant comprendre qu'il me fallait remonter, me rapprocher à nouveau de cette nouvelle vie.

Je n'étais pas particulièrement préssé d'arriver à destination, je n'aurai alors plus qu'à me rendre à l'évidence, j'étais parti, j'avais tourné le dos au domicil familial, y avait laissé mes souvenirs d'enfant, de ceux qui laissent une trace profodément inscrite dans notre histoire. Mon arrivée marquerait à jamais le changement que ma vie prendrait en ce moment bien précis, je rentrais dans l'âge adulte, je tournais une page, une de celles que l'on ne relis jamais, une de celles qui marquent l'entrée dans un nouveau chapitre tout aussi important que le précédent.

Je fixais une dernière fois ce paysage qui deviendrait mon nouvel environnement, imprimant clairement dans ma mémoire mes derniers instants d'enfant, les premieres images de ma nouvelle vie.

La voiture entra alors dans une petite ville, je remarquais alors que nous avions parcouru une route en lacets qui menait à une petite place centrale. Tout à mes pensées je n'avais pas réalisé que nous étions arrivés, que cette route en lacets resterait à jamais le commencement de mon nouveau départ.

La voiture s'arrêta alors au bout de quelques minutes devant une petite maison. Elle était digne des fantasmes de petite fille de ma soeur, coquette à souhait, blanche, ornée de petits volets bleux, des géraniums éclairaient ses fenêtres et sa taille défiait quicqonque d'une taille superieure à la normale de parvenir à entrer. Son seul et unique étage tenait plus d'un appartement de pollypocket que d'un appartement déstiné à un étudiant mâle entrant dans l'age adulte. Cela me plaisait. Je n'aimais pas la normalité, ce petit cocon m'aiderait tres certainement à ne pas me sentir trop seul, m'apporterait la chaleur que je retrouvais dans les bras de ma mère et dont je m'étais volontairement privé.

"on est arrivés"
"combien vous dois je ?"
"votre mère a payé ma compagnie avant même votre départ"
"oh, je vois, merci alors"

Maman, elle avait pensé à tout pour ne pas me mettre dans l'embarras, s'étant sans aucun doute préoccupé de mes économies qui passeraient inévitablement dans ce trajet en taxi. J'avais épargné de longs mois durant pour payer cette installation dans une ville où aucun transport ne s'aventurait, ici tout était invitation à une retraite paisible. Pas de trains stressant avec leur grande horloge sur le quai, pas d'avions qui survoleraient ses pics enneigés et souilleraient le ciel de leurs longues trainées blanches.
Le chauffeur aigri déposa ma grande malle sur le sol, voila tout ce que j'avais emmené avec moi, mes vêtements, quelques cartons de photographies, mon ordinateur... et mes souvenirs.
Ayant déposé son lourd fardeau, il me tourna le dos, fit un signe bref de la main signalant que son travail s'achevait là. Il remonta dans sa voiture, laissant la grosse malle aux jointures épaisses sur le trottoire
Ma malle et moi serions probablement seuls ne fut ce que les premiers jours...

"toi et moi on va bien galerer à monter ces étages..."

J'installais promptement ma sacoche sur mon dos, pas question qu'elle ne me gêne lors de mon ascension perilleuse jusqu'a ce seul et unique étage.

"tu pouvais pas faire maison plus minuscule... fallait pourtant qu'on lui accorde un putain d'étage..."

je m'armais de courage, posais mes deux mains sur l'une des poignées, souffla un bon coup et tira vers moi. Toutes fesses en arrière je tirai , tournant le dos à la porte d'entrée et cherchant à y amener ce fardeau.
je ne parviendrai jamais à hisser cette foutu malle au premier étage, impossible, celle ci n'avait pas bougé d'un seul milimètre durant ma première tentative d'intimidation.
Découragé avant même d'avoir réellement commencé, je m'assis sur son dos de bois. Ramenant la sacoche sur mes genoux j'en sortis une petite barre chocolatée que ma mère m'avait glissé tendrement avant mon départ. Le papier crissa sous mes doigts, se plissant face à mon empressement. Une main se posa alors sur mon épaule, je sursautais n'ayant pas vu arriver l'intrus qui me privait de mon libertinage gourmand et sucré. Je me retournais, me remettant difficilement de ma frayeur, les poils de mes bras refusant de reprendre leur place normale.

"mon dieu vous m'avez fait tellement peur..."
"désolé mon gars.. besoin d'aide..?"
"oh c'est gentil merci, je crois que je ne parviendrai pas seul à monter cette maudite malle au premier étage"
"eh ben voila que t'es plus seul mon p'tit.. seulement va falloir que tu bouge tes fesses de là.. je suis costaud mais quand meme"

c'est alors que je pris conscience que je ne m'etais pas levé pour saluer mon bienfaiteur.

"oh excusez moi..."

je lui tendais rapidement ma main, me présentant

"Bill, enchanté"

"t'en fais pas gamin, tout le monde est au courant de ton arrivée ici.. bon on la monte cette malle ou on y dresse une table pour manger ce soir? "

je restais interloqué... alors comme ca on m'attendait ici. Je n'avais nullement l'envie d'être le nouveau, celui que l'on regarde de la racine des cheveux aux ongles des orteils, celui qui intrigue, celui que l'on veut compter parmi ses amis, car c'est bien connu quoi de plus "fashion" que de se montrer au bras de celui que personne ne connait. Je retroussais cependant mes manches, prêt à affronter l'escalier de la maison.

L'homme m'aida plus encore que je ne semblait l'envisager, grâce à lui je pus penser un instant que la malle ne pesait rien, il la souleva comme l'on soulève un bébé, aucune trace de douleur ni d'effort ne marqua son visage. J'étais totalement sidéré. Il s'etait rapidement présenté, s'en alla tout aussi vite. Je n'appris rien de plus sur lui, sur ce qu'il etait, ce qui l'avait poussé à venir m'aider si prestement, rien. La malle reposait désormais dans la petite chambre qui m'avait été attribuée. Jolie, chaleureuse, coquette, tout comme la maison qui l'abritait cette chambre ne m'avait pas surpris. Une cheminée était encastrée dans le mur au fond de la pièce, un petit feu y avait été allumé, réchauffant les murs et le parquet qui auraient du être froids lors de mon arrivée.
Tout ici avait été fait pour que je m'y plaise, ma nouvelle installation ne serait finalement pas si horrible que je prétendais le concevoir avant même d'avoir quitté ma mère. Je pouvais dès à présent imaginer que cette chambre m'apporterait le soutient dont j'aurai besoin dans les moments difficiles, moments de solitude, de nostalgie et de déprime.
Je pris sur moi le déballage de mes affaires, la penderie qui longeait le mur était vide et ne réclamait qu'une chose : qu'on la remplisse.
Un à un je tirai mes t-shirt de la malle, ils étaient fraichement repassés et pliés, sentaient la lessive au miel.
Je respirais l'odeur de mon passé, plongeant petit à petit dans une bulle de douceur.
Le rangement de la malle terminé, je disposais les derniers cartons le long du mur. Ceux la attendraient bien un peu.
Je tirai des draps propres et frais de la penderie. Il était temps pour moi de faire mon lit et de me coucher, récupérant de ces longues heures de voyage où je mettais torturé, imaginant tant et si bien que tout serait horrible que je n'en avais pas fermé l'oeil une seconde.
Mon lit fait, mon calecon noir et mon t-shirt blanc enfilé je me glissais sous les draps. J'entendis alors le vent qui soufflait son amour à la montagne par delà la fenêtre, sa complainte douce devint pour moi mélodie, elle se fit joyeuse, puis mélancolique, enfin nostalgique et mourrut dans un souffle qui se perdit dans le conduit de ma cheminée, atteignant le feu préalablement allumé.
Je ne parviendrai pas à fermer l'oeil cette nuit, la fatigue tentait vainement de fermer mes paupieres, ma bouche s'étirant régulierement d'un baillement, mais rien n'y ferait, j'avais toute conscience de mes insomnies fréquentes, et rien ne m'aurait fait douté de mon verdict. La nuit serait longue, très longue.
Je me levais prestement, rien ne servait de rester dans mon lit, raide comme un piquet, faisant craquer mes orteils et pianoter mes doigts d'agacement sur les draps blancs. La position serait inconfortable et agacante. Mes pieds touchèrent violemment le sol, provoquant une petite décharge dans toute ma jambe droite due à l'afflut de sang dicté par mon levé précipité. Je couinais silencieusement de douleur, me rasseyant sur la couverture de lit, prenant à deux mains mon pied endorlori et le massait, rétablissant la bonne circulation qui m'avait fait défaut quelques secondes auparavant.
MUSIQUE A ECOUTER PENDANT LA LECTURE
Je me dirigea alors vers la penderie, en sortit un pantalon de survêtement, un sweat à capuche et une paire d'adidas noires à bandes blanches. Une fois prêt je devalais l'escalalier qui me séparait de la porte d'entrée, la petite fenetre la surmontant me promettait une sortie glaciale, je voyais déjà les flocons tournoyer, en suspend dans l'air chargé d'humidité.
Je serrai mon sweat contre ma gorge, inspira un grand coup, ouvrit la porte sur ce froid polaire et laissa derrière moi la chaleur de mon nouveau foyer.
J'avais emporté avec moi mon appareil photo, celui dont je ne pouvais jamais me séparer, celui qui avait fixé pour l'éternité tous les moments dont je revassais dans la voiture qui m'amenait ici. Même les moments les plus anodins ont leur part d'originalité et nous ne nous souvenons pas toujours de ceux qui à priori ont le plus compté. Notre existance est faire de tous petits rien, de photographies n'ayant aucun sens, aucun interêt qui finissent par faire de ses albums notre vie, la votre, la mienne.
Mes doigts commencaient déja à ressentir la morsure du vent sur ma peau, ils rougissaient, et je commencais à ne plus les sentir. Je décidais cependant de poursuivre mon excursion nocture, découvrant une ville endormie, une ville se montrant sous son aspect le plus vrai, personne pour venir gâcher ce paysage, cherchant à le modifier, ses couleurs attenuées par l'obscurité du clair de lune.
Je commencais à m'aventurer dans une allée peu éclairée, le noir ne me fait pas peur. Cependant mes pas finirent par me mener devant une grande maison, assez defraichie, les propriétaires ne devaient pas en prondre grand soin. Mon regard fut aussitôt attiré par une fenêtre éclairée.

"nous serons au moins deux insomniaques .."

Sans connaître réellement la raison de cet interêt soudain pour cette fenêtre, je m'accroupis, oubliant quelques minutes le froid qui engourdissait mes membres.
Je savais qu'il se passerait quelque chose, une force bien qu'inconnue me poussait à rester.
Je levais la tête, rendant plus agréable mon installation, prêt à l'attente.
Quelques secondes plus tard, le store protégeant la petite piece des regards indiscrets comme le mien s'ouvrit doucement. Les lamelles de plastique se ressererent les unes sur les autres, remontant petit à petit la protection dérisoire. C'est alors que je le vis.

Il me regardait avec autant d'intensité que la pénombre le lui permettait, son visage était différent de tous les autres que j'avais alors connu. Sa peau refletait la lumière orangée qu'une petite lampe diffusait dans la pièce. Ses traits étaient plus fins que ceux des statues grecques, son nez légerement retroussé lui donnait un air adorable et sa bouche charnue était ornée d'un bijou encadrant sa lèvre inférieure tel un point d'honneur à sa beauté. Ses prunelles, du moins ce que je pouvais en voir de là, étaient d'un marron mordoré et je semblais m'y noyer inlassablement et pour mon plus grand plaisir. Je ne sais combien de temps dura notre échange silencieux, cependant trop peu à mon goût. Il plaça ses mains sur le carreau, y laissant de petites empreintes de chaleur, me fixa longuement. Puis sans même que je puisse avoir le temps de m'en rendre compte, le contact fut rompu, le store se rabaissa subitement et la lumière s'éteignit, me laissant perplexe.

Je n'avais jamais connu un tel sentiment d'abandon. Ma réaction me fit peur un instant, que c'etait il passé? pourquoi avais je eu une telle réaction? Je semblais comme hypnotisé et le retour à la réalité fut pour moi une véritable source d'interrogations, que m'était il arrivé? avais je rêvé?

Je pris sur moi de m'en aller, il le fallait, arrivant tant bien que mal à détacher mes yeux de cette fenêtre désormais sans vie. Je me couchais quelques minutes plus tard, mon lit avait refroidi, le feu était presque éteint mais je n'y pretais pas attention. Allongé sur le dos je revisionnais l'instant où le temps avait été suspendu, l'instant où cette lumière avait alors réchauffé mon coeur transit par le froid.

# Posté le samedi 07 mars 2009 06:56

Modifié le samedi 07 mars 2009 18:15

Chap 2 : le lycée

Chap 2 : le lycée

Le réveil sonna un peu trop bruyamment à mon goût ce matin là. J'avais à peine fermé les paupières, me laissant gagner par la fatigue accumulée depuis plusieurs jours, que je me reveillais en sursaut, surpris par le mécanisme de la minuterie. "la machine à sueurs froides" comme l'appelait ma mère refusait de s'eteindre malgré les grands coups de poings que je lui assénais. Il me faudrait pourtant me lever, me laver, et affronter le monde exterieur. Bien pire encore... le lycée.
Le feu s'était définitivement éteint, et la pièce s'etait refroidi malgré la chaleur corporelle que je lui avais fourni. C'est avec une grimace de déplaisir que je franchis les dernières barrières qui me retenaient encore à mon lit, couette relevée, draps plissés, oreiller froissé, tout en ce lit faisait penser que j'avais passé une excellente nuit. Au lieu de quoi je m'etais contenté de me retourner dans tous les sens, cherchant desespérement une image à laquelle me raccrocher, me permettant de trouver enfin le sommeil. Je l'avais trouvée, trop tard selon moi.. et selon mon reveil. Enfin sorti de mon cocon, je m'étirais, délassant chacun de mes muscles endormis. Ma nuque craqua légérement, me signalant que la nuit prochaine se devrait d'être plus longue et reposante que la précédente.
Encore tout ensommeillé, je me dirigeais vers la salle de bain, mis en route l'eau chaude afin de ne pas mourir d'hypothermie mon premier orteil entré dans l'eau, et me deshabilla. Cette fois plus aucun doute, il fait vraiment tres tres froid. Ma peau se couvre de légers frissons, mes poils se hérissent et font apparaitre toute la complexité epidermique de l'homme que je suis.

"brrrrr"

Je rentre prestemment dans la douche, l'eau est bien chaude et la vapeur commence à envelopper mon corps encore tout engourdi. La buée ne tardera certainement pas à couvrir la fenêtre, me protégeant des regards indiscrets et curieux des passants.

MUSIQUE A ECOUTER PENDANT LA LECTURE

Mon corps se délasse petit à petit et je sens mes muscles sortir de leur léthargie. La main emplie de savon je commence une toilette méticuleuse, la mousse carresse ma peau comme un gant de soie et son parfum à la lavande emplit mes narines. Je ne peux à cette sensation, que repenser à cet inconnu entraperçu à la fenêtre la nuit dernière.. Son image m'obscède et je m'y suis accroché toute la nuit, bizarement ses traits restent tres précis dans ma tête. Aucun parasyte ne vient ternir son image comme il est bien souvent le cas lorsque l'on reflechit trop.
Le jet d'eau brulante coule dans mon dos, j'ai chaud, mais je suis bien. En me levant j'ai par habitude négligé une partie de mon anatomie qui se réveille bien plus souvent que je ne le souhaite. Le sexe, j'ai jusqu'alors réussi à vivre sans, du moins à deux. Je n'aime pas la normalité, et quoi de plus normal que de s'envoyer en l'air avec n'importe qui, n'importe quand sans garder de souvenir mémorable de ce moment? Je n'ai donc jamais réellement cherché à me procurer du plaisir par l'intermédiaire d'une autre personne... Je pars du principe que si tu ne prends pas de plaisir à faire les choses seul, alors pourquoi en ressentirai tu a le partager?
Mon sexe n'a visiblement pas l'air de cet avis, il me nargue fierement comme pour me dire que je me ments à moi-même. Pour une fois je le laisse gagner la partie, j'aurai raison de lui une prochaine fois, mais aujourd'hui j'ai besoin de courage. Ma main s'égare de mon ventre jusqu'a mes reins, mes doigts effleurent délicatement la peau fine et douce de ce replis de chair que seul mon regard a jusqu'alors eu le droit de découvrir.
Je frissonne malgré la chaleur de l'eau qui coule sur mon corps, alors en proie avec un brasier qui me consumme de l'interieur. Mes doigts se crispent sur ma verge tendue à l'extrême. Je soupire, presque de soulagement. Machinalement ma main imprime un mouvement de va et vient, glissant sur la peau douce, je frissonne, halète. Pourquoi dois je me priver si souvent de ce petit péché?
Aussi soudainement que mon envie est arrivée, les images du jeune homme entraperçu hier à la fenêtre viennent saturer mon esprit. Je peux presque sentir son odeur ambrée, la douce virilité qui émanaient de lui devient omniprésente dans la petite salle de bain, devenue pour un temps salle des plaisirs solitaires.
Ma main ne peut s'arrêter, je sens le sang affluer brutalement par vagues, tendant au maximum les derniers muscles inactifs de mon corps, gonflant de plus en plus mon sexe, qui en devient presque douloureux d'excitation.
Je me cambre, pose une main sur le carrelage de la petite douche. Tout a disparu autour de moi. Rien n'est plus important que ce visage dans ma tête qui me dit de continuer, d'accentuer cette pression sur moi, d'accelerer la cadence. Son visage se crispe, il rejette brutalement sa tête en arrière comme submergé par un plaisir que je lui aurai procuré. Dans un dernier effort je resserre ma main sur ma verge, les muscles de mon corps se tendent simultanément dans un dernier sursaut d'energie. Je sens alors un liquide épais couler dans ma main, poursuivre son chemin entre mes doigts, je tremble. La douche me parait alors subitement froide, je m'assieds calmement sur le sol carrelé, laissant l'eau calmer sereinement mon coeur, mourrant sous de trop nombreuses palpitations.
Je reprends petit à petit mon calme et mes esprits. Je me relève et achève de me laver, le savon n'aura jamais eu si bonne odeur qu'associé à l'image de mon mysterieux inconnu. Je passe rapidement un coup d'eau sur mes cheveux qui dévalent alors en cascade brune sur mes épaules, j'empoigne le shampooing d'une main décidée et me masse rapidement le crâne. Cheveux et corps propres, je sors rapidement de la douche. J'apprehende d'être en retard pour mon premier jour. Je devrai déjà probablement subir le regard des autres sur moi, étudiant le moindre de mes vêtements, le moindre de mes bijoux. Autant donc arriver à l'heure et m'eviter celui de ceux qui ne m'auraient pas prêté la moindre attention.
Je m'habille rapidement, séche et lisse mes cheveux, m'habille le plus discrétement du monde, pensant qu'un t-shirt et un pantalon noirs refleterait la sobriété qui me caractérisait bien. Je rajoute cependant une petite touche bien personnelle en me maquillant légérement les yeux de crayon noir.
Voila, il est l'heure d'affronter les étrangers. Je saisis mon trenchcoat noir, enfile rapidement mes chaussures et me couvre la tête d'une jolie petite gavroche assortie. Une écharpe noire et le tour est joué.
Je saisis mon sac et me lance dans les escaliers, finalement un brin excité par la découverte de ma nouvelle vie.

Je remonte la route en lacets, elle est à pieds bien plus impressionnante qu'en voiture et si je suis bien les indications que me fournit la petite lettre envoyée par le lycée je vais devoir la remonter jusqu'au bout.
Quelques minutes plus tard un long sourire s'etend sur mon visage, enfin j'y suis parvenu, me voila devant le lycée.
Il s'agit d'une grande batisse de briques, assez austère. Je m'avance vers la grille verte qui me sépare encore du reste de la population jeune du village. La cour est déserte.. serai je déjà en retard? un peu trop en avance?
je jette un coup d'oeil rapide à ma montre, qui m'indique 8h30 .. non je suis bien à l'heure. Je presse un peu le pas et ouvre la grande porte qui sert visiblement d'entrée. C'est alors qu'une foule d'élèves se retourne sur moi tandis qu'une voix sévère poursuit son discours.
Je m'approche d'une jeune fille qui se trouve pres de la porte.

"j'ai raté quelque chose? ca fait longtemps que ca a commencé? "
"non, t'en fais pas, le discours habituel de la dirlo, la répartition n'a pas encore commencé"
"oh, ok! merci beaucoup"
"de rien"

La jeune fille reprend alors la rigidité cadaverique qu'elle abordait avant de m'avoir adressé la parole et je pus m'installer tranquilement contre le mur ne pretant aucune espece d'importance au discours de ma nouvelle directrice. Un mouvement de foule est alors légerement perceptible du fond et je comprends que la répartition dont parlait la jeune fille va bientot commencer.

"classe photographie... je vous demande de bien vouloir vous tenir à ma droite derriere votre professeur principal..."

Je sens que mon nom ne vas pas tarder à retentir dans cette grande pièce à l'atroce résonnance.

"Ana Dobrowitch..
Marco Jankovic
Bill Kaulitz..."

c'est alors que les trois quarts de la salle se retourne sur moi, j'avance doucement mais surement vers le professeur principal et me range aux cotés des autres éléves précédemment appelés.
J'espère juste vivement qu'ils ne me considereront pas comme une bête curieuse. Je ne suis pas une personne très sociable, j'aime tres peu le contact des autres que je trouve relativement désuet et sans interet. Seule ma famille est parvenue à comprendre mon sentiment à ce sujet, non pas que je déteste les gens, mais je préfére le silence, ou le bruit imaginaire de mes pensées.

Le premier cours est vite passé, le français n'est pas une matière qui me passionne réellement mais la prof a l'air de plutot bien mener sa barque pour attirer l'attention de ses éléves.
Je profite de la pause pour sortir m'oxygener un peu, et remplir mes poumons de nicotine.
C'est alors que j'allumais ma cigarette que je le vis.
Il était assis sur un petit banc de bois tout au fond de la cour, le regard dans le vide, la tête dans les mains supportées par ses avants bras qu'il avait négligemment appuyé sur ses genoux.
Il avait les cheveux blonds, presque blancs. Je ne pouvais distinguer ses yeux mais j'étais prêt à parier que seule la tristesse y aurait eu sa place. Je ne voulais pas faire partir de ces intriguants qui fixent les gens, je ne voulais pas faire partis de ceux que j'execrais. Je cessai donc mon interrogatoire visuel et tirait une nouvelle fois sur ma cigarette quand la sonnerie de reprise des cours retentit.

C'est plusieurs heures plus tard que je pus enfin rentrer chez moi, je parcourais le chemin inverse bien plus facile dans ce sens, je prefere toujours les descentes aux montées. Le blond était comme moi il était le seul à ne pas emprunter les navettes scolaire. Il me devancait d'une dizaine de mètres et je pouvais le regarder sans qu'il ne puisse une seconde se douter de mon regard sur sa nuque.
Ce garçon m'intriguait.
Il fit le même chemin que moi, à la différence qu'il emprunta l'allée qui menait à ma mysterieuse fenêtre. Je pris le parti de ne pas le suivre, bien que la tentation de revoir mon bel inconnu me fit grandement souffrir.
Je continuais alors mon chemin, poursuivant jusqu'a mon nouveau chez moi.
Je luttais un peu avec la clé qui malmenait la serrure, puis monta les escaliers quatre à quatre. j'étais préssé de me preparer un petit chocolat chaud et de passer un petit coup de téléphone à ma mère. Entendre sa voix me ferait le plus grand bien.

L'excellent breuvage coulait doucement dans ma gorge lorsque je composais rapidement et de façon machinal le numéro de téléphone de ma mère. Plusieurs sonneries retentirent à l'autre bout du fil et enfin ma mère décrocha...

"allo..."
"maman, c'est moi , tu vas bien?"
"ohh mon coeur, oui ca va et toi?? tu es bien arrivé? tu as bien dormi? comment s'est passé ta premiere journée? tu n'es pas trop fatigué j'espere...""maman tout va bien, je t'appelais juste pour te rassurer, ma journée s'est bien passé et mon installation aussi..."
"tu n'as rien d'autre à me raconter?"
"euh pas vraiment, tu sais je viens d'arriver..."
"je suis sure que tu trépignais d'impatience de m'appeler et tu vois tu ne me raconte rien..."
"mais maman.."
"c'est pas grave mon lapin, t'en fais pas, je dois aller chercher ta soeur chez une copine à elle, je te laisse et prends soin de toi surtout hin.. je t'aime mon poussin...
"moi aussi maman"

Voila la conversation était terminée, et bien que briévement, cela m'avait fait du bien de parler à ma mère, d'entendre sa voix.

J'ouvris rapidement un de mes cahiers, les devoir commencaient, il me faudrait etre sérieux pour que cette séparation douloureuse ait ses points positifs.
Une ou deux heures plus tard mes yeux fatiguaient et j'eus l'envie de me coucher. Il me fallait rattraper la nuit précédente.
Je me glissais sous les couvertures et les paupières à peine fermées je sombrais dans un profond sommeil où mon inconnu me souriait de sa fenêtre.

# Posté le samedi 07 mars 2009 10:00

Modifié le samedi 07 mars 2009 11:52

chap 3 : rencontre

chap 3 : rencontre


Commenca une nouvelle journée comme la précédente, je suivais attentivement les cours. La réputation de ce lycée bien qu'excellente avait été d'un niveau en dessous de la réalité. Les professeurs semblaient contaminer leurs élèves de la passion qui les consummait pendant leurs cours. J'envisageais alors une année instructivement riche et intérressante.
Le repas que la cantine offrait m'enchanta cependant beaucoup moins. Je m'étais isolé, assis seul à une table au fond du refectoire, avec pour toute compagnie les petits pois désséchés et les carottes qui rapaient mon palais. J'aimais à observer les autres étudiants, d'un point de vue exterieur il était facile de voir les différents groupes de personnes qui peuplaient et rendaient vivant la vieille bâtisse. Les bimbos qui serraient violemment le cou de leur capitaine d'équipe de football, les intellectuels plus occupés à réviser leurs devoirs de mathématiques qu'a converser entre eux, les rebelles avec leurs piercings dans le nez et leurs rats qui venaient picorer les petites boules vertes abjectes sur le plateau, ces mêmes petites boulettes que je repoussais dans le coin de mon assiette. Et puis il y avait lui, ce blond au visage fin ... et moi le grand brun un peu ténébreux. Deux âmes isolées dans ce lieu de vie, deux êtres à l'apparence morose, deux personnes qui visiblement fascinaient les plus curieux. Je sentais sur moi le regard de nombreuses filles insignifiantes, celui insistant de leurs copains quelques peu jaloux. Je savais que ce blond été également convoité par la gente féminine du lycée, il n'y avait qu'à voir son air torturé, son côté mystérieux pour comprendre que n'importe laquelle de ces filles se serait damnée pour un seul regard de sa part.
Quant à moi je souhaitais savoir ce que cachait ce regard dur, froid, à l'apparence si vide.
Je décidais que la cantine ne serait pas le lieu de la révélation, prenait mon plateau et m'avancait vers la sortie, déposant mon plateau sur les casiers réservés à cet effet je jetais un dernier coup d'oeil au blond. Ses iris glaciales analysaient jusqu'a la moindre de mes racines capillaires. Gêné, je détournais le regard et poursuivait ma route.
C'est quelques minutes plus tard, alors que je fumais tranquilement, accoudé à l'un des pilliers du préau que je le vis sortir. Il passa à côté de moi sans m'accorder la moindre importance, et fonca tout droit jusqu'au banc où je l'avais vu le premier jour. Je ne pu m'empecher de détailler le moindre de ses mouvements. Il se rassit dans la meme position que la derniere fois et replongea dans sa triste mélancolie.
Pris d'une impulsion soudaine , je m'avancais jusqu'à lui. Je ne réalisais mon geste qu'une fois arrivé devant lui. Ne sachant que faire pour justifier mon comportement je décidais de prendre la parole.

"bonjour..."

Il releva doucement la tête, comme si mon intrusion l'avait réveillé.

"hum..."

j'etais totalement désorienté, ne sachant comment me comporter..je sortis alors le premier truc qui me passa alors par la tête, le genre de truc que justement je cherchais à éviter, le genre de truc que je me maudirai d'avoir dit une fois qu'il serait trop tard

"je suis nouveau et ..."

il eut une moue agacée, comme s'il était du même avis que moi.. j'avais été ridicule.

"je sais... "

Il me fallait rattraper mon erreur si je voulais pouvoir entretenir une conversation avec lui..

"je m'appelle bill..."

je lui tendis promptement ma main droite, l'invitant à un contact un peu plus sympa
Il fit semblant de ne pas voir mon geste et répondit de la même voix glaciale

"ca aussi je sais..."

Décidement, il ne faisait pas vraiment d'efforts pour me parler et je compris que je le dérangeais plus qu'autre chose.

"bien .. et bien... bonne journée alors..."
"hum..."

Je me détournais et m'en allais sans demander mon reste. J'étais tombé sur plus taciturne et froid que moi.
peut être également sur plus malheureux.

Je rentrais précipitamment chez moi après cette journée de cours, le blond était une fois de plus parti avant moi et j'avais une nouvelle fois pu observer sa nuque pendant tout le trajet. Comme la veille il tourna dans l'allée qui menait à la vieille maison... décidement tout ce qui venait de cette maison etait voué à m'intriguer.

Arrivé dans mon petit cocon, je déposais mon sac sur le lit. J'avais besoin de me relaxer, je pris donc une douche rapide et en peignoir m'installa devant mes cartons. J'en ouvris un, sachant pertinnement ce qu'il contenait.

MUSIQUE A ECOUTER PENDANT LA LECTURE

Je me retrouvais face à mes souvenirs, des photos de ces temps heureux s'imposèrent à moi. Des photos de moi bébé, dans les bras de mon père, dans ceux de ma mère, de nous trois ensemble, un sourire à jamais gravé sur les lévres. Une larme glissa traitreusement sur ma joue et s'écrasa sur ma main.
Mon père...
Lui qui m'avait involontairement abandonné alors que je n'étais pas encore devenu un homme. Laissant ma mère seule à devoir assumer le fardeau d'un adolescent en crise et d'une petite fille qui n'avait pas encore appris à parler. Elle n'aurait jamais l'occasion de faire briller ses yeux de bonheur lorsqu'elle lui dirait "papa" pour la première fois... jamais.
Il était parti un matin, promettant un cinéma à ma mère après la partie de tennis qu'il s'accordait chaque semaine avec l'un de ses amis. Il n'était jamais revenu, terrassé par un accident vasculaire en plein match.
J'avais 14 ans, j'étais un jeune con , un peu crétin et révolutionnaire, comme chacun. Oui mais la différence est que moi mon père est mort, et qu'avant de mourir il a du endurer mes crises de nerfs pour avoir un piercing, les disputes "entre hommes" comme il disait, j'étais ignoble avec lui, ignoble. L'image qu'il a emporté de moi ne devait pas être bien belle. Et il a fallu qu'il disparaisse pour que j'en prenne conscience. Ma mère a eu beau me répeter que mon père m'aimait tres fort et qu'il ne m'en a jamais voulu, je n'ai jamais réussi à me le pardonner.
J'aurai aimé qu'il me voit aujourd'hui, réalisant mon rêve, j'aurai aimé qu'il soit à mes côté pour fêter mon succes, j'aurai voulu qu'il me prenne dans ses bras pour me féliciter, j'aurai juste aimé qu'il soit là, là près de moi.
Une grosse boule de douleur bloquait ma respiration dans ma gorge. J'aurai tellement voulu.. oui mais voila le destin en avait décidé autrement.

J'avais besoin de sortir, de respirer le grand air, de souffler un bon coup, d'évacuer toute cette tristesse qui m'empechait d'avancer.
J'enfilais à nouveau mon survetement et mon sweat à capuche, cependant cette fois je chaussais des baskets de sport... j'allais courir, cela me permettrait peut etre d'évacuer au mieux toute cette douleur.

Il faisait froid, très froid. Mes pas se firent plus rapides sur le macadam, je courrais, sans même savoir bien pourquoi ,cela me permit de faire le vide dans ma tête. J'inspirais et expirais rapidement, courrut de plus en plus vite, je sentais mes poumons me bruler dans ma poitrine, mais cette douleur était agréable. Elle me dégageait du poids plus lourd de la culpabilité. Sans savoir comment je me retrouvais devant la maison délabrée de mon inconnu. J'interrompis ma course, les poumons en feu, le souffle court et de terribles douleurs dans les jambes. La fenetre etait une nouvelle fois allumée. Je regardais l'heure. 01h35.
Ayant besoin de repos je m'assis sur l'herbe face à la fenêtre, quelques minutes plus tard mon souffle était presque redevenu normal. Je ne pouvais cependant détacher mes yeux de cette fenêtre. Aucun signe de vie. Les larmes se remirent à courrir sur mes joues, je m'étais retenu trop lontemps et ne pouvait contrôler le débit de ces longues trainées salées qui creusaient ma peau. c'est alors que j'entendis un petit claquement et une voix douce, basse mais profonde qui s'adressait à moi...

"pourquoi pleures tu?.."


cela avait été dit presque dans un chuchotement, mais je compris aussitot que mon inconnu était revenu. Cette fois il ne m'avait pas tourné le dos, avait ouvert la fenetre et s'adressait à moi. Je relevais la tête, repoussais quelques méches de cheveux qui m'étaient retombées sur le frond.
C'est alors que ses yeux croisèrent les miens, comme une petite décharge électrique le long de ma colone vertébrale je fus pris d'un long frisson.

"je ne sais pas..."

Il me regarda longuement, pencha la tête sur le coté, une larme roula sur sa joue qui semblait si lisse et douce.
Je fus plus que surpris de sa réaction.

"et toi pourquoi pleures tu..."

Ses yeux s'arrondirent, son visage peignait de facon parfaite la moindre de ses émotions.

"mais parce que tu pleures..."

c'est alors que la fenêtre se referma brutalement, le store se rabaissa me privant de son visage d'ange, la lumière s'éteignit quelques secondes plus tard, comme je l'avais prévu.
Il était reparti une nouvelle fois...

# Posté le samedi 07 mars 2009 13:19

Modifié le samedi 07 mars 2009 14:00